

Tous les Calédoniens ont une maison à Paris
Distante de la métropole de près de 20 000 kilomètres, sa superficie est d'environ 19 100 km². C'est une collectivité dite sui generis, ou « de son propre genre », rattachée à la France et non pas une collectivité d'outre mer].
Avec ses 23 400 km² de lagons, ses 8000 km² de constructions récifales et ses 1600 km de barrière récifale, ce milieu tout à fait remarquable représente l’un des plus variés et des plus vastes ensembles corallien au monde.
Le récif de Nouvelle Calédonie et ses écosystèmes associés sont ainsi reconnus par la communauté internationale comme un milieu d’une très grande richesse en termes de biodiversité.
Le projet d’inscription des récifs coralliens de Nouvelle-Calédonie a été porté par le gouvernement de la Nouvelle Calédonie, le Sénat coutumier, les provinces et les communes, soutiens indispensables pour assurer le succès local de l’initiative, sans oublier celui, indéfectible, de l’Etat français.
Le dossier, déposé en janvier 2007, a été examiné puis adopté lors de la réunion du comité du Patrimoine mondial au Canada le 7 juillet 2008.
Une série représentative de la forte diversité biologique marine, de la richesse et de la variété des récifs coralliens et écosystèmes associés de Nouvelle-Calédonie a été retenue.
Composé de six ensembles, représentant plus de 15000 km2 de lagons et récifs, c’est cependant un seul bien qui a été présenté à l’UNESCO sous le titre de « Les lagons de Nouvelle Calédonie : diversité récifale et écosystèmes associés ».
Mais au-delà des caractères naturels, il existe également dans tous les sites du bien en série une gestion traditionnelle perpétuée par les clans mélanésiens.
Dans la société kanak, les peuples ont une relation spéciale avec la terre qui incarne le fondement de leur existence spirituelle, matérielle et culturelle. La notion de terre comprend aussi toute terre immergée, du littoral jusqu’à la frange extérieure des récifs. Cet ensemble fait partie du bien foncier appartenant à un clan qui appartient lui-même à cet espace.
Les kanak reconnaissent leur origine dans la terre qui les a vus naître. De nombreux clans se réfèrent à une espèce marine totémique (requin, tortue, mérou…) qui incarnent les ancêtres et induisent des interdits alimentaires ou des rituels spécifiques. Les liens identitaires aux espèces et aux lieux marins entraînent des responsabilités et des devoirs. Certains groupes sont considérés comme les «gardiens» du milieu marin, c’est-à-dire qu’ils en sont les garants et les gestionnaires principaux. Du point de vue des sociétés locales fortement dépendantes des ressources marines, la valeur biologique et culturelle du milieu marin en fait un patrimoine bio culturel fondamental. Le milieu marin constitue ainsi un territoire vital et un ciment pour le développement pacifié de la communauté en complémentarité avec le milieu terrestre.
Ces traditions sont prises en considération dans les plans de gestion participative en cours d’élaboration.
Porté par l’ensemble de la population de l’île, le classement contribue à favoriser la prise de conscience locale des enjeux de la protection du milieu marin, de valoriser les savoirs traditionnels et d’inscrire la Nouvelle Calédonie dans une démarche de développement durable.